Ganiath Bello

« La critique face aux enjeux culturels », un défi à réussir selon l’OIF !

Renforcer les capacités des journalistes culturels au regard de la multiplicité des cultures et des enjeux qui constamment s’imposent et évoluent dans la dynamique d’une perpétuelle modernisation ! C’est l’une des activités qu’a organisé cette année 2017 la direction « Langue française, culture et diversités » de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Après l’étape d’Antananarivo à Madagascar qui s’est déroulée du 19 au 22 Juin et qui a réuni Madagascar, Comores, Maurice, Djibouti et Réunion ; c’est au tour d’autres médias de profiter des mêmes expertises.

Toussaint TIENDREBEOGO de l’OIF

Neuf pays africains (Bénin, Burkina-Faso, Côte-d’Ivoire, Guinée-Conakry, Mali, Mauritanie, Niger, Togo, Sénégal), autant sinon plus de cultures réunies autour de leur diversité et de leur point de convergence. Celui de mieux exercer le métier après avoir reçu les techniques y afférentes.
Vingt-trois différentes manières de ressentir, percevoir, apprécier, analyser, et juger la culture dans sa pluralité. Des regards vifs, des volontés affichées et affamées de connaissances multiples mais centrées sur la méthodologie d’écriture à appliquer en informant sur les richesses et les productions culturelles.

vue d’ensemble de la salle de formation


« Je viens ici comme une bouteille vide »
; c’est ainsi que Motchosso Kodolakina, directeur de publication de TOGOMATIN et TOGOCOULEURS, pourtant plus de vingt (20) ans de pratiques des médias, se représente. Aya Esther N’Guessan Yao de la Côte-d’Ivoire affirme pouvoir « refléter les attentes de l’OIF » au terme de cette rencontre. Mamane Abdou du journal « Indépendant Plus » au Niger en veut un peu plus. Il rappelle le souhait de la Francophonie sur un long terme de création d’agences ou de coopératives de presse. Fatimétou SOW de Sahel TV en Mauritanie avoue que c’est pour la première fois qu’elle participe à une formation de journalistes culturels. De même que Elélé Marceline Kantoro du Burkina-Faso.
Les participants sélectionnés et bénéficiaires de l’atelier régional de formation initié et financé par l’Organisation ; ainsi motivés, expriment leurs attentes pour véritablement s’initier et/ou renforcer leurs connaissances intellectuelles à la pratique et aux exigences de la profession. Ceci, afin de faire de celui ou celle qui l’exerce, un praticien du domaine, efficace, dynamique et sollicité. Au-delà des souhaits des uns et des autres pour cette formation, celle-ci doit effectivement permettre d’affiner les usages, d’influencer les décideurs de tous ordres à savoir l’État et les privés dont les institutions bancaires à soutenir et investir dans les œuvres de la création.

Gaëlle BORGIA en pleine formation

Tout cet engouement, cette motivation pour la connaissance peut emmener le lecteur à s’interroger sur les dessous du thème de l’atelier régional et de formation qui est : « la critique face aux enjeux culturels ». La réponse se situe dans l’une des interventions interactives de Toussaint Tiendrebeogo, le spécialiste programme, chargé des politiques de développement des industries culturelles et créatives de l’OIF avec les participants. « Il faut construire une compréhension commune des concepts, des notions » de ce métier dans sa spécificité culturelle. Autrement : rechercher constamment une harmonie dans le langage ; des expressions utilisées dans le compte rendu, l’analyse (tous les genres journalistiques) d’une œuvre et/ou d’un événement culturel. Pour Toussaint Tiendrebeogo, « l’artiste ou la création ne naît pas du néant », pour dire que toute production artistique porte en elle une essence, une valeur et qu’il faille encourager l’artiste, le soutenir.
Faire alors le choix d’être journaliste culturel surtout critique n’est pas acquis à l’origine et ne peut être assumé et réussi par tous les journalistes. L’œuvre artistique prenant avant tout son essence de l’instinct : le plus basique s’il en est, du néant, des contradictions et puisant sa source des faits de société et de ses propres aspirations.

Thierno Ibrahima DIA, évoquant certaines subtilités du film Karmen Geï après sa projection

Ce qu’il faut dire aussi, c’est le contenu de cet atelier régional. Les six jours d’échanges ne se déroulent pas entre quatre murs en un lieu fixe. Le Sénégal étant aussi un pays très historique et culturel et principalement Dakar, des sorties sont prévues. Une visite du monument de la renaissance africaine suivi d’échanges avec l’administrateur du site Racine Senghor. Des expositions et vernissage à Agit ’art, Goethe Institut et à l’Espace Médina également.
Des thématiques comme ‘Stratégies narratives et esthétiques’, ‘Importance des vocabulaires spécifiques’, ‘Spécificités du journalisme culturel en littérature, musique, arts visuels, patrimoine’, ‘interaction entre culture et développement’ etc. sont abordés à la rencontre de l’OIF à Dakar. La littérature africaine entre 1930 et 2013 en partie est revisitée. Une projection de films ‘Karmen Geï’ du réalisateur sénégalais Joseph Gaï Ramaka aussi au programme sans omettre l’initiation aux pratiques multimédias.

Rafael Lucas parlant de la littérature africaine (photo prise avec un téléphone portable)

Gaëlle BORGIA : journaliste-reporter freelance (AFP, France 24) à Madagascar, Thierno Ibrahima DIA : chercheur en arts, critique de cinéma, enseignant au département Arts de l’université Bordeaux 3 Montaigne en France et Rafael LUCAS : écrivain, maitre de conférences à l’université de Bordeaux 3, chercheur en littérature et linguistique… sont les formateurs choisis pour encadrer les participants au cours de l’atelier régional.

Ganiath BELLO

Merci à Kodjo Ognandou Ayetan du Togo pour les photos…

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