Ganiath Bello

Hommage à Carmen Fifamé TOUDONOU, l’icône en devenir.

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Un regard candide dirait-on ! Beauté fine, maquillage sobre. Pourquoi me rappelle-t-elle Cleopâtre? Sa coiffure? Peut être. Sa force? Assurément. Détermination. Combativité.  Sinon, comment expliquer le basculement d’un background de sciences exactes pour finir en littérature et en communication sans omettre une formation en gestion. Mermoz LIDEHOU, un de ses confrères a écrit d’elle : « Ah cette Carmen… Je l’ai connue à Porto-Novo…Une brave et studieuse jeune fille passionnée des lettres… de loin, j’ai suivi son singulier parcours qui force l’admiration… Ce contraste entre les sciences et la littérature qui m’a finalement fait accepter les propos d’un de mes professeurs de mathématiques qui disait que les excellents scientifiques sont généralement de très bons littéraires ». Les langues amères parleront d’une navigation à vue. Justement, elles sont amères !

Loin d’elles et bien enracinée tel un baobab indétrônable, Carmen Fifamé TOUDONOU est désormais plus qu’une simple identité. Elle est un symbole, une victoire gravée dans l’Histoire du Bénin. En effet, Elle est devenue, depuis quelques jours, la première femme Chef du Service de la Communication du Président de l’Assemblée Nationale, septième législature. Des générations en parleront et la citeront comme modèle à l’image des Amazones du Dahomey.
Is-Deen TIDJANI, un autre confrère journaliste rapporte qu’ « elle a fait une immersion de quelques jours au centre de Formation Militaire de Bembèrèkè. Elle était l’une des rares femmes à supporter la formation militaire pendant que des hommes s’enfermaient dans leur chambre et faisaient le faux malade ». Une auréole, une lumière qui pourtant, est conscience qu’ « une seule hirondelle ne fait pas le printemps ». Depuis un moment, elle publie dans le quotidien Le Matinal des chroniques littéraires sur des ouvrages d’auteurs béninois qu’elle décortique afin de ressortir les aspects les plus évocateurs, éducatifs, sensibles et qui dénotent d’une certaine maturité dont a besoin l’Afrique et l’Humanité.

Sa polyvalence n’a pas d’extrême, parce qu’elle est aussi chroniqueuse sportive. Plusieurs téléspectateurs de la télévision nationale ORTB ont dû remarquer une jeune dame souvent habillée en tailleur rouge argumenter avec brio au milieu des grands commentateurs naturels de ce sport considéré comme essentiellement masculin.  En 2006, dans un poème Flamme rédigé dans l’anthologie Anxiolytique de Daté Atavito BARNABE-AKAYI publié aux éditions Plumes Soleil en 2013, elle écrivait ceci :
« Des hommes
Donnez-moi la virilité
Pour phagocyter et trucider en moi
Les graines de sexe faible
Qui comme des boulets rouges me lestent
Ne m’appelez plus femme
Appelez-moi flamme… » 
Il faut dire qu’elle l’a effectivement reçu d’eux cette virilité. Fifamé est comme cela. Brave, audacieuse et portée vers les limites.
Les langues amères qui rôdent toujours diraient que c’est un jet de magnifiques orchidées. Tant mieux : elle les a bien mérités.

Issue d’Avrankou, une commune du sud Bénin, de parents tous deux enseignants, Carmen aurait pu connaitre un destin banal qui se limite à enfanter une rangée de bambins dès la puberté comme on en rencontre par milliers. Elle a refusé un sort de complément pour être meneuse, pour « désirer mieux que d’être heureuse » comme le souhaite Goldman.

Pour qui ne l’approche pas, on parlerait d’un personnage sec parce que possédant un regard inquisiteur avec de grands yeux splendides et un sens de l’observation impartial. Mais certains de ses cercles de fréquentation remarquent plutôt en elle une femme qui met un point d’honneur à maintenir immaculées son intégrité et sa dignité. Habib DAKPOGAN, auteur et musicien béninois témoigne que la responsable de l’antenne ORTB de Porto-Novo, capitale politique du Bénin « est ce qu’on peut appeler une force de la nature dotée d’une culture générale immense doublée de références livresque précises et efficaces. Elle a lu l’essentiel de la littérature classique d’hier et d’aujourd’hui. Elle en sait beaucoup sur beaucoup de choses et ne s’en vante jamais. Même qu’elle en rit par cette humilité et ce sens de l’auto dérision qui rend sa compagnie agréable.  Elle a une grande vivacité d’esprit.  Elle possède une plume châtiée et drôle. Et possède une notion de l’humain et du respect de l’autre qui lui confère une aura naturelle. Son sourire enjoué brise le mythe de l’âge et la place dans une posture intemporelle. Carmen est plus qu’une femme de lettres et une journaliste. Elle est une icône en devenir. »

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Justement, parlons davantage de la femme de lettres. Au-delà du recueil de poèmes initiative de Daté, Carmen Fifamé TOUDONOU en Juillet 2014 a fait parler d’elle  travers la publication de son premier roman PRESQU’UNE VIE. Elle en a récolté tellement d’éloges pour faire pâlir d’envie des médusés. Thanguy AGOI, journaliste sur Canal 3 Bénin affirme ceci : « C’est la sincérité de ce roman qui pour moi est un témoignage. Une histoire toute aussi particulière » Il poursuit : « La narration n’est pas particulière. La structure aussi. Ce qu’il faut saluer, c’est l’historicisation réussie des souvenirs. Par ailleurs, l’auteur ou le narrateur plutôt, dévoile une réalité sociale qu’elle analyse dans une démarche comparative à celles importées. Et elle le fait sur un ton à la limite railleur, moqueur. » Un homme de lettres béninois Gaston ZOSSOU mais aussi politique à la cérémonie de lancement de l’ouvrage prédit qu’un prix Goncourt lui est réservé si le même rythme est maintenu. Ce à quoi silencieusement Carmen a répondu Amen !

Ganiath BELLO

commentaires

  • Eh bien, je suis très impressionné. Merci pour cet excellent article sur une grande  » flamme  ».

    Plein succès à elle qui a dit :

     »Des hommes
    Donnez-moi la virilité
    Pour phagocyter et trucider en moi
    Les graines de sexe faible
    Qui comme des boulets rouges me lestent
    Ne m’appelez plus femme
    Appelez-moi flamme… »

  • Une grande dame que je n’ai pas réussi à connaitre. Mes félicitations à elle pour son ascension et vivement qu’elle ait un œil considérant sur les apprentis parlementaires que nous sommes ( le PJB)

  • Je suis séduit par cette Béninoise. En ce temps de scandales où on n’ose pas dire qu’on est béninois, des personnes comme elle nous donne de l’espoir. Vivement qu’elle maintienne le cap. Un inconnu prie et la supplie de continuer. Tout le Bénin est fier d’elle.

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