Ganiath Bello

Cotonou : Un mort-né jeté aux ordures !

Un emballage plastique de couleur bleue aussi commun qu’un autre qui aurait servi à contenir des ordures ménagères. Un colis déposé dans un lot de déchets qui doivent être soit incinéré soit brulé. Sauf qu’ici, le colis contenu dans le sachet plastique est tout sauf des ordures… Mais un bébé !

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Un emballage plastique de couleur bleue aussi commun qu’un autre qui aurait servi à contenir des ordures ménagères. Un colis déposé dans un lot de déchets qui doivent être soit incinéré soit brulé. Sauf qu’ici, le colis contenu dans le sachet plastique est tout sauf des ordures… Mais un bébé !

Il pèse 3,6 kilogrammes. Jamais ce poids ne va évoluer. Pire, il n’aura pas non plus des funérailles dignes de lui. Ce nouveau-né, un garçon de forme robuste est un mort-né. Ce n’est pas encore le drame qui alerte. C’en est un lorsqu’il est retrouvé sur le tas d’ordures d’un hôpital public de la capitale économique du Bénin. Selon l’éboueur qui a fait la macabre découverte, des rangées de grosses mouches affamées ont élus domicile sur le sachet. C’est ce qui a suscité sa curiosité. A l’ouverture, un pagne dans un sale état enveloppait le bébé mort-né autour duquel reposaient le cordon ombilical et le placenta issus de la mère éplorée jusque-là inconnue. L’odeur nauséeuse qui s’y dégageait, encombrait à des dizaines de mètres à la ronde. L’infortuné éboueur a aussitôt alerté les responsables du centre hospitalier.

Après interrogations et recoupements des faits auprès du personnel… Catherine L., une femme âgée de 32 ans, césarisée, se retrouve être la mère du bébé. Après l’accouchement, son mari, un certain Martin A. est porté disparu. Elle expliqua sa péripétie en ces termes :

Propos de Catherine L. encore alitée, le visage triste et maquillé de larmes expliquant son drame

« L’enfant était déjà mort dans mon ventre. A mon réveil, de mon état d’inconscience due à l’anesthésie, le corps était emballé dans un sachet qu’on a déposé à mon chevet. Après quelques heures, l’odeur suffocante qui s’y dégageait, était insoutenable et indisposait les autres personnes présentes dans la salle. D’autres patientes ont voulu avoir accès à la salle mais à cause de l’odeur infecte du fait du nombre d’heures déjà écoulées, elles ont rebroussé chemin et préféré une autre salle. J’ai dû confier le sachet et son contenu à un agent d’entretien qui a semblé me promettre le garder dans un lieu plus adéquat, en attendant l’arrivée de mon mari, qui le prendra pour l’enterrer. Il n’est pas venu. Une dame m’a aidé à l’appeler ; les agents sanitaires ici aussi l’ont appelé. Il a promis arriver en vain. Je ne peux pas jeter le corps aux ordures. J’espérais trouver de quoi rembourser les soins avant de partir, le remettre à son père et retourner chez moi. »

Ce drame social serait du fait du sieur Martin A., qui n’aurait pas pris ses responsabilités dès le début de la grossesse. L’une des responsables du centre hospitalier a expliqué que la césarisée souffre de tension. Elle a ajouté que le père et la mère de la femme savaient que la grossesse contenait un mort-né. Ses informations étaient marquées dans le carnet de soins de la dame. Par ailleurs, à son arrivée au centre de santé, le ventre prenait des proportions démesurées. L’équipe médicale a dû faire diligence pour la sortir d’affaires.

Propos de Catherine L. toujours larmes aux yeux et l’expression du visage amère.

« C’est ce qu’il a fait avec moi. Il n’a acheté aucun médicament. Il n’a rien fait. Il voulait ma mort. Il ne me donnait même pas à manger. Il ne voulait pas que je mette au monde ce deuxième enfant. »

A la découverte du bébé enveloppé dans un sachet plastique de couleur bleue, les autorités policières et judiciaires ont été averties et elles ont pris en main l’affaire. Le corps a été déposé dans une morgue pour les besoins de l’enquête et le retour souhaité de l’auteur de la grossesse. Quant à dame Catherine L., elle devra se débrouiller, au cas où le sieur Martin A. ne refait pas surface, pour honorer les frais d’hospitalisation avant de retourner à la maison même s’il faut rentrer les bras dépourvus de bébé.

Ganiath BELLO

 

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