Quand elle s’appelle Marielle Mahulé DEGBOE…

Ce qui sans doute va demeurer évident et ceci pour longtemps, c’est assurément le retournement de situation, de croyance, de soumission, de mode de vie et de pratiques entre deux ou des générations de femmes. Si hier, leur force résidait dans leur abnégation à la famille, à la maternité et aux valeurs traditionnelles ; aujourd’hui, elles sont autrement battantes. Loin de penser qu’elles renient cet héritage qui donne  aux géniteurs, pour ceux qui savent son importance, dignité, fierté, respect et honneur; elles le (héritage de nos mères et grand-mères) font leur et y rajoutent d’autres responsabilités plus républicaines. Parmi ces femmes, celle identifiée ici a une prédisposition à tous les challenges, un horizon bien élaboré, un visage d’indomptable, un regard entreprenant, des propos décisifs, des pas précis et des actions concrètes. Elle s’appelle  Marielle Mahulé DEGBOE!

Marielle M. DEGBOE

La Femme de Lettres

Un physique en contradiction avec son psychisme, sa force de caractère, ses combats. Un paradoxe qui pourrait ne jamais se savoir si le livre n’existait pas, tellement elle paraît frêle!

« El-Ya, une mission entamée ». Un titre d’ouvrage de 225 pages subdivisées en deux parties et neuf chapitres en plus d’un épilogue. Il sonne comme une promesse, connaissant la férocité de l’auteure pour les luttes justes et utiles à défendre pour le développement des nations. Une autobiographie de Marielle DEGBOE, jeune femme, militante notamment des causes de la gent féminine et de la petite enfance, qui pose ses premiers pas dans l’univers de l’écriture au Bénin. En novembre 2017, Les Éditions Plurielles ont prêté leur sceau à l’ouvrage dont l’écrivain béninois Florent COUAO-ZOTTI est le préfacier. Ce dernier ne cache pas son admiration pour elle lorsqu’il écrit à la seizième page : « Bien que jeune, elle donne l’impression d’avoir eu plusieurs vies…que son expérience de l’humain est aussi riche que celle d’un derviche à la veille de sa mort ».

L’Autobiographie de M. DEGBOE

L’effort de plaire par un style particulier d’écriture n’existe pas. Le texte est accessible à tout apprenant du deuxième cycle collégien qui accompagne sa lecture d’un bon dictionnaire de français. Elle a autrement à offrir pour charmer. Ce n’est pas du tout le joli sourire enjôleur posé sur le visage carré sur la couverture du livre non plus qu’elle promeut ; plutôt des valeurs intrinsèques de l’humain et de leadership à savoir la spiritualité, la positivité et le leadership. Elle dit à la page 44 : « Je suis davantage convaincue que lorsqu’on parvient à cette harmonisation du spirituel et du leadership, on arrive aisément à transcender ses difficultés »

Cet ouvrage en partie existe grâce à Yi Ouin, une émissaire de M. D. qui s’est chargée de recueillir auprès de personnes ciblées par l’auteure, leur opinion ou définition de la femme leader qu’elle est et veut continuer d’être. A la page 28, elle écrit : « Interrogeant à ce sujet mon père, une amie à moi que je surnommerai « Yi Ouin »… me confie lui avoir arraché ses mots ».

Marielle M. DEGBOE

A la progression de la lecture, la curiosité s’intensifie, on veut davantage en savoir sur elle, son vécu, ses idées, ce qu’elle offre déjà a encore à offrir à la jeunesse, au monde.  Ceci parce que non seulement, elle permet au lecteur ou à la lectrice de se remémorer son propre parcours, mais aussi les luttes qu’elle entreprend contrastent véritablement avec sa petite taille et son aspect gracile. « …Mon conjoint reconnait que je suis émotionnellement et physiquement fragile. Ce qui va en antagonisme avec les milieux professionnels que je me suis choisis » explique-t-elle à la page 60. Se livrer ainsi dans une autobiographie, pour l’admiratrice et la lectrice que je suis, est l’équivalent d’un journal intime posé sur la place publique. Elle y dévoile tout sur elle. Depuis son premier contact avec la lumière de la vie à ses rêves individuels et communautaires. Au dernier chapitre, elle révèle sa passion pour la « recherche scientifique » page 213, et à la 214, elle veut initier une émission « bien vivante et accrochante » pour servir et orienter davantage la jeunesse en partant de son expérience. Alors que sur les premières pages (25-26), elle relate son enfance et son adolescence.

El-Ya ou Marielle DEGBOE en écrivant une autobiographie, a posé dans la main de la jeunesse surtout, un compagnon fidèle, constamment présent dans les maigres heures comme dans les grasses. Un guide pour ne jamais abandonner, plutôt aller toujours plus loin en prenant le dessus sur les obstacles qui se présentent avec sagesse, perspicacité et délicatesse.

La Présidente Régionale  de ROAJELF

M. DEGBOE remettant un trophée à la Directrice du CCDG au cours du Forum Régional

C’est au lancement officiel du forum régional du Réseau Ouest-Africain des Jeunes Femmes Leaders (ROAJELF) tenu à Cotonou au Bénin les 22 et 23 Novembre 2017, que nous avons échangé avec la jeune femme. Une rencontre qui a porté sur les enjeux et les défis de l’implication des femmes dans la redynamisation du mouvement associatif féminin en Afrique de l’Ouest. L’un des souhaits de la présidente section béninoise au terme de l’assise est d’obtenir du gouvernement de son pays l’accord de siège du groupement. « C’est le réseau qui travaille à ce que les initiatives de nos différents gouvernements soient renforcées et relayées par les jeunes filles et jeunes femmes que nous constituons et déjà engagées dans nos différents pays. », a expliqué Marielle DEGBOE. Une promesse de siège de la ministre béninoise des affaires sociales et de la microfinance Madame Bintou Chabi Adam Taro.

Parlant d’engagements, depuis 2012 que la section béninoise du réseau a vu le jour, elle s’est employée à la formation de jeunes filles et femmes au leadership, à l’entrepreneuriat et à leur autonomisation. « Nous sommes dans la promotion et dans la protection des droits des jeunes filles et jeunes femmes de 15 ans à 35 ans. Une tranche qui a besoin d’être renforcée, coachée, orientée et accompagnée quitte à prendre son envol et aller de l’avant. » La jeune femme de trente-trois (33) ans tient à « travailler à une bonne relève » et n’oublie pas de citer les tresseurs de corde de l’écrivain, feu Professeur Jean PLIYA qui recommande l’importance de maintenir et enrichir davantage les acquis humains à travers les générations. « Nous réfléchissons toujours à comment faire pour avoir un cadre spécifique entre nos ainées et nous avons besoin de cette intimité là et nous y travaillerons. », affirme-t-elle.

MMD

La mission que s’est assignée la présidente de la section Bénin du Réseau Ouest-Africain des Jeunes Femmes Leaders se décompose à travers plusieurs activités dont « des formations sur des thématiques permettant aux femmes d’être immédiatement professionnelles, comment fabriquer du savon, comment faire l’agropastorale, du business et l’élevage. Nous essayons de travailler sur ces dimensions là parce que nous estimons qu’il y a quelque chose à faire. » L’organisation intervient également dans le domaine du numérique, du maintien de la paix et de la sécurité. Avec l’incubateur EtriLabs en 2014, le projet FTIC (Femmes et Tic) qu’elle a piloté, a formé plusieurs jeunes femmes sur les rudiments du blogging entre autres. Elle continue en ces termes : « Nous sommes également dans les thématiques comme la sécurité et la paix, à travers notre stratégie qui veut qu’on éradique toutes les formes de violence à l’endroit des filles et des femmes ».

Ce combat de Marielle Mahulé DEGBOE pour les jeunes filles et les femmes, elle le mène depuis plus d’une décennie. De 2006 à 2007, elle a porté la casquette de coordonnatrice du Réseau Béninois des Adolescents et Jeunes en Population et Développement (Rebajpd). En Mars 2008, elle met en place l’ONG Magnolia (Magnolia est un arbre d’Amérique et d’Asie, remarquable par ses larges feuilles et ses fleurs composées de diverses couleurs éclatantes. Il signifie en général longévité, pureté, dignité, beauté, noblesse et grâce). Elle comptait à peine 23 ans, prévoyait pour son association les mêmes caractéristiques que l’arbre qui porte le nom et avait déjà établi comme objectifs la promotion de la santé reproductive et l’autonomisation des jeunes filles et des femmes.

Elle devient en  Juin 2012, la présidente section Bénin de Roajelf et en 2016, la présidente Afrique de l’Ouest du même réseau.

MMD

Mariée et mère de deux enfants,Marielle Mahulé DEGBOE est titulaire d’un Master en Communication Politique de l’Institut International de Management (IIM). Aussi a-t-elle étudié à UATM Gasa Formation,  l’Administration et la Gestion des Entreprises après son cours secondaire à Notre Dame des Apôtres.


Ganiath BELLO

 

 

 

 

 

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